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Paroles de patients

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Joie de vivre grâce à la peinture

Tout à coup, il y eut cette grosseur à l'aine droite. Parfois, Christine Götti se demande ce qui se serait passé si elle était alors allée plus vite consulter un médecin et si celui-ci avait tout de suite posé le bon diagnostic. Peut-être tout aurait-il été différent.

Aujourd'hui, Christine Götti a derrière elle une odyssée de treize ans, au cours de laquelle elle a plusieurs fois cru que tout était fini. «Cette grosseur est arrivée d'un seul coup et très vite, elle a atteint la taille d'une balle de golf», raconte la Bâloise. S'y ajouta ensuite une toux irritante et extrêmement tenace. Elle alla voir son médecin de famille qui lui prescrivit des antibiotiques contre la toux, mais sans succès. C'est finalement en parlant de son problème de toux avec une amie infirmière qu'elle mentionne l'étrange boule. Son amie lui enjoint d'aller au plus vite consulter un spécialiste.

Christine Götti va souvent peindre en Alsace

Pendant cette période, le corps de Christine Götti est en état d'alerte permanent: des boules surgissent un peu partout, apparemment de manière aléatoire, aux genoux, à la nuque, au torse. Mais elles ont une raison profonde: les boules se forment là où la lymphe passe dans les ganglions lymphatiques.

Le spécialiste reconnaît ce schéma et diagnostique un lymphome, un cancer du système lymphatique. A l'aide du système lymphatique qu'il utilise comme moyen de transport, le cancer s'est déjà répandu partout dans l'organisme. Les médecins entament immédiatement une chimiothérapie, dont Christine Götti devra se soumettre à plusieurs cycles entre 1999 et 2002. Elle travaille à l'époque comme graphiste et fait des allers-retours entre le bureau et l'hôpital.

Mais la chimiothérapie est un échec, le cancer ne recule pas. Un traitement par cellules souches est son dernier espoir. Ce processus consiste à détruire entièrement le système immunitaire et les cellules cancéreuses de la patiente par le biais d'une chimiothérapie à haute dose et de rayons sur l'ensemble du corps. Ensuite, à l'aide de cellules souches sanguines d'un donneur, on remet en place un système immunitaire sain.

Pour ce traitement, Christine Götti doit être isolée dans une chambre stérile de l'hôpital, car la moindre infection virale pourrait lui être fatale. Elle passe deux mois dans cette chambre, est en partie alimentée par sonde, peut à peine bouger et a beaucoup de mal à parler, car elle n'a pas assez de salive. «Peu avant d'entrer à l'hôpital, je me suis mariée. C'était réconfortant de sentir cet anneau à mon doigt. Il m'a donné des forces.» Elle pense que cette période a été pire pour son mari que pour elle, car elle n'avait pas conscience de grand-chose. «La plupart du temps, j'étais ailleurs, c'était comme un délire.»

Une deuxième tumeur
Un an après, alors qu'elle n'est même pas encore remise du traitement par cellules souches, elle voit soudain une tache grise au milieu de son champ de vision. Le diagnostic est une tumeur au cerveau, certes bénigne, mais qui appuie sur le nerf optique. Fort heureusement, il est possible de l'opérer, mais l'intervention a des conséquences sévères sur l'équilibre hormonal, car une glande hormonale du cerveau a subi des lésions.

Comment réagit-on à un diagnostic de tumeur au cerveau quand on vient à peine de «surmonter» un lymphome? «Curieusement, cela ne m'a pas secouée outre mesure. Je ne me suis pas non plus penchée en détail sur la littérature médicale ou les différents traitements. Je voulais profiter de la vie et du temps qui me restait, et non m'occuper uniquement de ma maladie.»

De nouveaux projets
Christine Götti a dû abandonner son atelier de graphisme et elle ne peut toujours pas travailler à heures fixes, mais elle garde le moral et fait sans arrêt de nouveaux projets. Elle va bientôt entreprendre un voyage en Tunisie. Mais elle ne peut pas ignorer le passé: son système immunitaire est affaibli. Un voyage en avion est un risque, car de nombreux agents pathogènes circulent dans la cabine. Elle devra donc porter un masque protecteur pendant le vol. Mais ce n'est pas différent du tram ou des concerts: dès que de nombreuses personnes sont présentes et qu'il y a donc un risque de contagion, il faut qu'elle soit très prudente. C'est la raison pour laquelle elle a vu un avantage à la grippe porcine: «Tout à coup, les gens se sont mis à faire attention à se laver les mains et à éternuer dans le pli du coude - il faudrait que ce soit toujours comme ça!»

Christine Götti va souvent peindre en Alsace. Son atelier est une petite maison qu'elle a achetée alors qu'elle pensait ne plus avoir longtemps à vivre. On croirait que le temps s'y est arrêté il y a bien longtemps. «J'ai bien failli y passer un certain nombre de fois. Je me rends d'autant mieux compte que la vie est merveilleusement belle.»

Plus d'informations du cancer

Ligue suisse contre le cancer

Groupe suisse de recherche clinique sur le cancer

Cancer - des progrès dans le traitement

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